MATHYS NICOLAS-ZEPELLIN -SIPA
Le sénateur de Mayotte a finalement reçu le rapport sur l’utilisation des taxes thonières issues de l’accord de pêche entre l’Union européenne et les Seychelles, conclu le 14 avril 2014.
Cet accord permet aux navires seychellois d’accéder aux eaux de Mayotte en contrepartie de fonds destinés à développer la filière pêche locale.
Le sénateur Saïd Omar Oili, après des mois de réclamations restées sans réponse, l’élu mahorais a pu enfin accéder à un bilan détaillé de l’utilisation des redevances thonières avec les Seychelles. Les informations ont été communiquées par le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, le 17 février 2025 après sa relance par courrier le 25 janvier dernier.
Les renseignements obtenus révèlent que ces fonds ont principalement été destinés à l’équipement des services maritimes, au détriment des pêcheurs mahorais. Les chiffres confirment les craintes de Saïd Omar Oili : sur les 2,75 millions d’euros collectés, la majeure partie a été consacrée à l’achat de navires, pontons et véhicules pour les Affaires maritimes. En revanche, aucun investissement direct n’a été réalisé pour soutenir les pêcheurs locaux, alors que la filière joue un rôle essentiel dans l’économie de Mayotte.
Sur les 2,75 millions d’euros perçus, 1,2 million reste encore inutilisé. Face à cette situation, le sénateur exige que ce solde soit attribué à Mayotte pour développer la filière pêche sur département. L’île a besoin de ce financement après le passage du cyclone Chido le 14 décembre 2024. L’élu du Parlement a demandé une rencontre avec les instances européennes pour réévaluer l’accord et assurer une meilleure gestion des fonds. Une réunion avec le préfet de Mayotte est aussi prévue pour analyser le bilan et définir des actions concrètes.
Le sénateur Saïd Omar Oili continue de plaider pour que ces ressources bénéficient enfin à ceux à qui elles étaient destinées : les pêcheurs mahorais.
Source : Le Journal de Mayotte