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Le bras de fer opposant l’ancien premier ministre mauricien Navin Ramgoolam et les enquêteurs du Central Criminal Investigation Department (CCID) n’est pas fini. Il s’agit maintenant de décrypter ou non ses portables.
Navin Ramgoolam possède six téléphones portables, rappelle le site lexpress.mu aujourd’hui. Dans une déclaration solennelle rédigée par Me Hiren Jankee, juré à la Cour suprême de Maurice à la mi-journée, hier, l’ancien premier ministre affirme avoir utilisé ses téléphones portables pendant son mandat de premier ministre.
Ramgoolam évoque la mauvaise foi des enquêteurs qui ont donné des informations confidentielles à la presse, des informations relatives au contenu de ses coffres et des photos des liasses de billets. Selon lui, les articles parus dans la presse "ne pouvaient être publiés sans que la police avait communiqué les informations aux médias".
L’ancien chef du gouvernement dénonce aussi l’attitude "abusive" des enquêteurs qui l’ont contraint à se rendre au bureau du CCID pendant la nuit alors qu’il était malade comme certifié par un médecin. Il soutient que sa demande est justifiée d’autant plus qu’il n’y avait aucune urgence d’ouvrir ses coffres-forts pendant la nuit. "Cet exercice", fait-il ressortir, "aurait pu être fait le lendemain".
"Malgré mon état de santé précaire et contre avis médical, j’ai été présent lors de l’enquête policière à cause de menaces des membres du CCID", dit-il. Il rappelle avoir déposé une motion devant la Cour suprême le 20 février et a informé le CCID de sa position.
L’ancien premier ministre affirme que si les enquêteurs ont accès à ses six téléphones portables, ils pourront garder les copies clonées et les utiliser "comme ils l’entendent, les ouvrir et en inspecter le contenu en-dehors de sa présence".
Pour toutes ces raisons, Navin Ramgoolam cherche la protection de la loi dans le but d’interdire aux enquêteurs d’avoir "des pouvoirs illimités et incontrôlés", prenant en considération les récents "abus" du CCID. Pour l’ancien premier ministre, personne ne peut décrypter "ces informations clonées hors contrôle" du judiciaire et en sa présence.