Capture d'écran YouTube
Une vidéo partagée sur YouTube par un site conspirationniste russe met à mal la neutralité des médias occidentaux dans la couverture de la guerre en Syrie. Une femme s’y présente comme une journaliste canadienne, mais elle est en réalité mandatée par le Kremlin.
Pour les journalistes dignes de ce nom, il est élémentaire de toujours vérifier les sources d’information, rappelle le site 20minutes.fr. Le 13 décembre, une femme se présente dans une vidéo partagée sur YouTube comme une journaliste canadienne indépendante. La vidéo, intitulée "Eva Bartlett démonte en deux minutes la version des médias occidentaux sur la guerre en Syrie", a été vue plus de 440 000 fois en 24 heures. Selon la pseudo-journaliste, "il n’y a pas de sources fiables en Syrie, le régime de Bachar al-Assad ne tue pas des civils et les journalistes occidentaux sont corrompus".
La supercherie a très rapidement été démasquée par Le Monde. La vidéo en question provient en réalité d’un site financé par Russia Today, financé par le Kremlin. Il s’agit d’une chaîne d’information en continu anglophone, lancée en 2005 et colportant des théories conspirationnistes sur internet. Cette journaliste, qui dénonce la partialité des médias occidentaux, n’est en réalité qu’une ambassadrice de la parole du pouvoir russe, qui participe activement au bombardement d’Alep.
Sur Twitter, RT ne signifie pas forcément "retweet".
Ce logo est celui de "Russia Today" un média créé et financé à 100% par le Kremlin. pic.twitter.com/dIb4UNLwsN— Ursus Arctos (@Landdry_) 14 décembre 2016
Le Monde va plus loin en faisant remarquer que la journaliste répond dans le cadre d’une conférence de presse de la Mission permanente de la République syrienne auprès de l’ONU. Il s’agit donc d’une initiative du gouvernement syrien. La vidéo de désinformation était donc grosse comme une maison.
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