Le journaliste français Roméo Langlois a été libéré par les FARC mercredi 30 mai, après un mois de captivité dans la jungle de Colombie.
Portant une caméra au poing, le correspondant de France 24 est apparu apparemment en bonne santé lors de sa libération. Il a affirmé avoir été traité correctement par la guérilla.
Roméo Langlois, 35 ans, a été remis à une délégation du Comité international de la Croix-Rouge, dans le sud de la Colombie. Les FARC ont donné rendez-vous à la mission humanitaire à San Isidor, dans le sud du département de Caqueta, où le journaliste français a été accueilli en « héros » par ses nombreux confrères.
« Je vais bien, un peu fatigué, mais je vais bien, à part le fait que j’ai été détenu pendant un mois ! Mis à part le moment où j’ai été blessé, pour tout le reste, ça va très bien. Je ne peux pas me plaindre, je pense que j’ai été traité comme n’importe quel combattant blessé de la guérilla, donc à la dure, avec peu de moyens, avec le peu qu’il y avait. Mais ils ne m’ont jamais attaché. Je leur ai dit très clairement dès le premier jour que je ne voulais pas qu’ils m’attachent, et ils ne l’ont jamais fait, ils m’ont toujours traité plutôt comme un invité, ils m’ont donné de la bonne nourriture, avec le peu qu’ils avaient, et ils ont toujours été très respectueux, je ne peux pas me plaindre », déclare-t-il au micro d’un reporter de RFI.
Aussitôt libéré, Roméo Langlois a plaidé pour une meilleure couverture médiatique du conflit armé en Colombie, malgré les risques du métier dans ce pays miné par la guérilla.
« Je n’avais pas besoin de cette expérience pour connaître le conflit colombien, ni pour connaître la guérilla, ça fait longtemps que je couvre tout cela. Ce qui me restera après cette expérience, c’est la conviction qu’il faut continuer à suivre ce conflit. C’est triste qu’il faille détenir des gens pour que le monde vienne voir ce qui se passe dans ces zones, pour que les gens parlent du conflit colombien, qui est un conflit oublié. Moi, en tant que journaliste, je dis qu’il faut continuer à couvrir ce conflit sous tous ses aspects », poursuit le reporter français, qui n’est pas prêt de quitter la jungle colombienne.
Dès son arrivée à Florencia, Roméo Langlois a été transféré vers Bogota, où il devrait prendre l’avion pour rejoindre sa famille en France d’ici à la fin de la semaine.
Après avoir pris connaissance de la réussite de l’opération de libération, le président français François Hollande a exprimé dans un communiqué « sa très grande joie ». Il a tenu à remercier spécialement les autorités colombiennes et le CICR (Comité international de la Croix-Rouge). Le chef de l’Etat ajoute que « ses pensées vont aussi vers les sept ressortissants français qui sont encore retenus en otages au Sahel et en Somalie ».