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Un rapport d’enquête, publié mardi a accusé le gouverneur Andrew Cuomo de harcèlement sexuel à l’encontre de 11 femmes. Joe Biden appelle à sa démission.
Le gouverneur de New York Andrew Cuomo est accusé de harcèlement sexuel, rapporte Ouest France. Une enquête indépendante a été réalisée dans le cadre de cette affaire. Les conclusions, publiées mardi 3 août ont accablé le gouverneur, accusé d’avoir harcelé onze femmes.
Lors d’une conférence de presse, la procureure de cet Etat, Letitia James, a affirmé que le responsable démocrate "a harcelé sexuellement plusieurs femmes et, ce faisant, a violé la loi fédérale et celle de l’Etat de New York", selon cette enquête. "C’était une culture où vous ne pouviez pas dire non au gouverneur", a résumé Joon Kim, l’un des responsables de l’enquête.
Le rapport note que des anciennes et actuelles fonctionnaires de l’Etat figurent parmi les 11 victimes, dont une femme qui a été affectée au service de protection du gouverneur, à la demande de ce dernier, après qu’il l’eut rencontrée en novembre 2017. De nombreux actes répréhensibles à Andrew Cuomo sont cités dans ce rapport de 165 pages. Entre autres, on peut citer des "baisers et étreintes non désirées", "commentaires inappropriés", "gestes déplacés". Le gouverneur est par ailleurs, accusé d’avoir posé ses mains de manière indécente sur ses employées.
Dans une déclaration, filmée depuis son bureau, l’élu démocrate a rejeté toutes ces accusations. "Avant tout, je veux que vous sachiez, et que vous l’entendiez de ma bouche : je n’ai jamais touché quelqu’un de manière inappropriée ou fait des avances sexuelles inappropriées", a-t-il annoncé. L’homme de 63 ans a réitéré qu’il répondait, point par point, aux accusations dans un document diffusé par ses équipes.
Malgré ces répliques, les appels à quitter son poste, dans son propre camp, n’ont pas tardé. Le maire démocrate de New York, Bill de Blasio, a lancé que le gouverneur doit démissionner. "Et s’il continue à résister et à attaquer les enquêteurs qui n’ont fait que leur travail, il doit être mis en accusation immédiatement en vue d’être destitué", a-t-il signifié. D’ailleurs, une procédure qui peut aboutir à la destitution a déjà été ouverte au parlement de l’Etat de New York.
"Je pense qu’il devrait démissionner", a également affirmé Joe Biden, mardi, depuis la Maison Blanche. Les chefs de file démocrates des deux chambres législatives new-yorkaises ont aussi demandé le départ d’Andrew Cuomo. De son côté, Jen Psaki s’est exprimé aussi sur ce sujet. "Je ne sais pas si quelqu’un a pu regarder cela, ce matin, sans trouver que les faits rapportés sont odieux ", a commenté la porte-parole de la Maison Blanche.
Le gouverneur a nié les accusations ou les a relativisées mardi lors de son intervention.
Il a notamment affirmé qu’il lui arrivait "d’embrasser les gens sur le front, sur la joue, ou de les étreindre". Selon ses dires, il s’agit d’"une habitude pour les mettre à l’aise". D’ailleurs, dans le document de 85 pages qu’il a fait diffuser pour se défendre, il a joint des photos de Joe Biden, Georges W. Bush ou Barack Obama, serrant ou embrassant d’autres personnes. "Je comprends maintenant qu’il y a des questions générationnelles ou culturelles que, franchement, je n’avais pas totalement saisies. Et j’ai appris de cela", a-t-il renchéri.
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