Hussein Malla/AP/SIPA
Le chef du gouvernement d’union nationale parrainé par l’ONU, Fayez al-Sarraj, est arrivé mercredi à Tripoli, accompagné de plusieurs membres de son cabinet, provoquant un redoublement de tensions dans la capitale libyenne. Une chaîne de télévision connue pour être proche des autorités a été notamment attaquée par un groupe armé, suspendant la retransmission.
L’arrivée soudaine de Fayez al-Sarraj, le chef du gouvernement d’union nationale soutenu par l’ONU dans la capitale, mercredi 30 mars, a ravivé la lutte avec les autorités qui contrôlent Tripoli. En ville, les mouvements de pick-up et de blindés ont rapidement commencé. Les boutiques ont été fermées et les rues se sont vidées. De violents accrochages ont éclaté, notamment autour de la place des Martyrs, toute proche du port. Des tirs intermittents dont on ignorait l’origine ont été entendus dans la soirée dans la capitale.
Le siège d’al-Nabaa assailli par un groupe armé
Un groupe armé est également entré de force dans la soirée du mercredi 30 mars au siège d’al-Nabaa, une chaîne satellitaire libyenne proche des autorités qui contrôlent Tripoli. Les employés ont été expulsés et la retransmission des programmes a été suspendue, selon deux journalistes de cette chaîne. "Un groupe d’hommes armés, dont certains en treillis, d’autres en civil, a fait irruption dans nos locaux, ont rassemblé les employés dans une pièce leur annonçant qu’ils n’avaient plus rien à faire ici", a raconté l’un des journalistes à l’AFP. Un peu plus tard, un message a paru sur les télévisions annonçant que "les fils révolutionnaires de Tripoli ont fermé la chaîne de la discorde et de l’incitation à la haine… tous ceux qui y participent feront face aux révolutionnaires de la ville".
L’arrivée de Fayez al-Sarraj, une intrusion inacceptable
Plus tôt dans la journée, cette même chaîne avait transmis les déclarations du chef du gouvernement non reconnu, Khalifa el-Ghwell, qui a sommé Fayez al-Sarraj, chef du gouvernement d’union soutenu par l’ONU, arrivé dans la journée par la mer, de quitter Tripoli. Des membres du parlement non reconnu siégeant dans la capitale s’étaient également exprimés sur al-Nabaa pour dénoncer la venue à Tripoli de Fayez al-Sarraj sans l’autorisation des autorités sur place, qualifiant les officiers qui ont facilité cette opération de "traîtres". Selon l’un des deux journalistes d’al-Nabaa, les hommes armés qui ont pris le contrôle de la chaîne "semblent être favorable au gouvernement de Sarraj".
Dans une brève allocution, Fayez al-Sarraj s’est engagé à faire de la "réconciliation" et du "règlement de la crise sécuritaire et économique" sa priorité.
Voir notre dossier sur la Libye