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Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a évoqué le risque que Daesh organise le passage des migrants depuis la Lybie vers l’Europe, mais a démenti l’idée d’envoyer des troupes au sol.
Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, qui a accordé une interview exclusive au Figaro, revient sur la menace terroriste. D’après lui, il y a aujourd’hui, en Lybie, entre 4 000 et 5 000 combattants de Daesh qui pourrait organiser depuis ce pays le passage des migrants vers l’île italienne de Lampedusa.
Jean-Yves Le Drian pense qu’il faut renforcer le contrôle des deux rives de la Méditerranée à travers l’opération militaire Sophia que l’Europe a mise en route pour contrer l’activité des passeurs de migrants. Pour lui, le plus urgent, c’est que Sophia étende sa zone d’action et qu’elle puisse se déployer sur les côtes libyennes contrôlées par Daesh, comme le prévoit son mandat.
Jean-Yves Le Drian a aussi insisté sur la lutte contre Daesh en Lybie même, à travers la Libya international assistance and military mission (LIAM), qui prépare des plans de soutien et de sécurisation de l’autorité du pays. "L’objectif est de cristalliser les groupes libyens, dont certains combattent Daesh", explique le ministre qui a cependant réfuté l’idée d’envoyer des troupes françaises au sol.
A propos de la présence militaire en Lybie, Jean-Yves Le Drian explique que la France fait "des vols de reconnaissance", sans pouvoir "en dire plus". Il estime aussi que Daesh perd beaucoup de terrain en Syrie et en Irak
L’opération Sophia, lancée en juin 2015 et à laquelle contribuent 22 pays de l’Union européenne, était dans un premier temps cantonnée à des missions de surveillance des réseaux de passeurs opérant depuis les côtes libyennes. Début octobre, elle est à une phase plus offensive, lui permettant d’arraisonner les bateaux, mais seulement dans les eaux internationales.