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Hiroute Guebre Sellassie, l’envoyée spéciale de l’ONU pour le Sahel, prévient aujourd’hui que la région est aujourd’hui menacée à son tour par Boko Haram. Elle estime que le Nigeria ne peut agir seul.
Hiroute Guebre Sellassie, l’envoyée spéciale de l’ONU pour le Sahel tire la sonnette d’alarme, rapporte Le Figaro. Le Nigeria, le berceau du mouvement terroriste, ne peut agir seul : "Il est temps de passer à l’action et de prendre conscience du danger que représente Boko Haram pour l’ensemble du continent africain", a-t-elle dit. Elle appelle aussi le Nigeria à être "mieux disposé" vis-à-vis de la force militaire régionale créée fin 2014 par six pays de la région.
Cette force peine à être opérationnelle en raison de dissensions entre le Nigeria, qui en a perdu récemment le commandement au profit du Tchad. Ses autres voisins sont le Cameroun, le Niger et le Bénin. "Le Nigeria ne peut plus s’atteler au problème tout seul", a estimé l’envoyée spéciale.
Boko Haram n’est plus seulement actif au Nigeria.
"Nous voyons un déferlement de réfugiés vers le Niger, le Cameroun et même le Tchad", atteste Hiroute Guebre Sellassie. "Le Sahel est de plus en plus impacté", a-t-elle ajouté, parlant d’un "camp d’entraînement" de Boko Haram dans le nord du Mali.
La lutte contre les islamistes nigérians sera l’un des thèmes dominants du Sommet des chefs d’Etat de l’Union africaine qui s’ouvre demain à Addis-Abeba. Hiroute Guebre Sellassie a indiqué attendre du Sommet de l’UA que l’Afrique "s’approprie le problème" posé par Boko Haram. Les exactions du groupe extrémiste ont fait plus de 13 000 victimes depuis 2009 et plus de 1,5 million de personnes ont été déplacées.