Antenne Réunion
Emilia, habitante de Marla, témoigne suite à une mésaventure vécue par sa famille vendredi dernier. Faute de médecin et de secours cette nuit-là, la Mafataise est restée auprès de sa mère malade, sans pouvoir lui apporter de l’aide. Selon Émilia, cette dernière souffrait de fortes douleurs à la poitrine, mais aucun dispositif d’urgence n’a pu être déployé.
Émilia a eu très peur pour sa mère, tombée malade vendredi soir à Mafate. Il est 22h30 lorsque sa mère, une soixantenaire habitante du village de Marla, se plaint d’une forte douleur au niveau du dos et de la poitrine. Emilia et ses proches pensent à un AVC et contactent les secours.
"Nous sommes six enfants, il nous reste uniquement notre maman. De la voir souffrir devant nos yeux, sans être capable de la soulager, de rester impuissants, vous ne pouvez pas vous imaginez la douleur que c’est".
Trop éloignée des hôpitaux ou d’un médecin de garde pour s’y rendre, la famille espère une évacuation de la mère de famille par les airs. Ce ne fut pas le cas. L’hélicoptère du PGHM, venu plus tôt dans la soirée pour porter secours à une touriste, n’a pas pu se rendre une nouvelle fois sur place.
À cette heure-là, "l’opération est jugée trop dangereuse", rapporte Émilia.
Pendant toute la nuit, la mère d’Emilia souffre de douleurs à la poitrine, du dos et de forte fièvre.
"Durant la nuit, nous avons eu de nombreux médecins au téléphone qui se contredisaient dans la prise de médicaments. Nous devions appeler toutes les heures pour donner des nouvelles".
Émilia et ses proches sont restés au chevet de leur mère malade jusqu’au petit matin, où enfin, elle a pu être hélitreuillée vers l’hôpital.
"Il n’y avait même pas de médecin à bord", précise la Mafataise.
La mère de famille est ensuite prise en charge à l’hôpital. Il ne s’agissait pas d’un AVC mais d’une infection pulmonaire. Suite à cette mésaventure, c’est en colère qu’Émilia témoigne.
Si c’était un AVC, personne n’aurait pu l’aider :
"On montre Mafate aux touristes, mais les habitants du cirque sont oubliés. Ma maman souffre d’une infection pulmonaire, et ce n’était pas une urgence ? Parce qu’on est des petits Mafatais on est oubliés ? Par contre, pour payer nos taxes, on ne nous oublie pas ! Isolés, à Marla, nous n’avons pas de dispensaire, ni de valise de premiers secours. Nous sommes français comme n’importe qui. On nous laisse crever".