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Mercredi dernier, le préfet de La Réunion Jacques Billant a annoncé l’interdiction des sports collectifs et de combat au moins jusqu’au 4 mars 2021. Une nouvelle contrariété pour les responsables du sport réunionnais, qui regrettent une décision faisant fi du strict respect des protocoles sanitaires jusqu’ici.
“Les compétitions, rencontres et manifestations sportives sont interdites pour toutes les disciplines. La pratique des sports collectifs et de combat avec contact est interdite.”
Par biais de communiqué, le préfet de La Réunion Jacques Billant a acté, mercredi dernier, une nouvelle interruption pour le sport réunionnais :
“Les entraînements peuvent être maintenus dans le respect de la distance de deux mètres entre les pratiquants et sans contact. Une dérogation à ces différentes mesures est accordée aux sportifs de haut niveau.”
Un coup dur pour le monde du sport, après la première interruption du mois d’août au mois de novembre, qui avait bouleversé les calendriers, préparations et compétitions.
La reprise avait alors eu lieu dans le cadre de protocoles sanitaires stricts et préalablement définis. Cette nouvelle interruption, cinq mois plus tard, est vécue comme une injustice par certains responsables du sport péi.
“Les autorités vont dire qu’elles nous ont prévenus. On a eu une visioconférence, on nous a parlé d’un risque d’interruption des compétitions sportives. Mais, entre “il se pourrait” et le fait que ça arrive la semaine qui suit, on est un peu dégoutés”, relate Johan Guillou, président de la ligue régionale de basket à La Réunion.
“Il n’y a eu aucun débat, aucune discussion argument contre argument. On a eu des informations descendantes”, regrette-t-il encore.
Sport : Les basketeurs s’adaptent aux restrictions
Le son de cloche est le même chez son homologue du handball, Philippe Alexandrino :
“On répète la même chose, depuis la reprise : il n’y pas eu de cas de clusters dans le mouvement sportif. On ne comprend pas cette mesure qui est un peu surprenante. Je partage l’inquiétude qu’il y a au niveau de la réanimation, mais le sport bien au contraire est vecteur de bien-être et de santé.”
Cette interruption intervenant avant la deuxième phase du championnat régional, le président de ligue réunionnaise de handball table sur une reprise d’ici 15 jours. Dans le cas contraire, le championnat reprendra directement sur des phases finales, plus courtes donc.
“Il y a des échanges avec les autres ligues. L’idéal serait de parler de la même voix et avancer des propositions. On peut regretter que c’était la même démarche à la reprise au mois de novembre avec des protocoles stricts. C’est la raison pour laquelle on ne comprend pas pourquoi on est à l’arrêt”, enchérit Philippe Alexandrino. “En Guyane, on a repris le championnat depuis trois semaines, en Guadeloupe les matches se déroulent avec 300 spectateurs…”
Pour Daniel Blondy, président du Comité de rugby de La Réunion, la compétition n’est pas à l’ordre du jour.
“On ne démarrera pas notre championnat parce qu’on sait qu’il faut entre 15 jours et trois semaines de réathlétisation. On est à l’arrêt on attend les autorités”, dit-il, un brin fataliste.
“Je considère qu’on est dans une phase critique. Il y a des règles, parfois l’arbitre peut se tromper, mais il faut se soucier de la santé des gens en priorité. On peut s’entraîner c’est déjà bien. Je ne veux pas rentrer dans ce débat. Ça peut paraître illogique mais je ne veux pas faire de politique.”
Contraint de plier aux nouvelles mesures sanitaires, Johnny Damour, responsable du comité de lutte de La Réunion, se réjouit que les athlètes de haut niveau soient épargnés. Pour le reste, “on s’est adapté, on n’a pas le choix”, explique-t-il.
“C’est un peu injuste quand on voit que les grandes surfaces sont bondées, les restaurants sont ouverts. Dans notre discipline, on n’a pas eu de cas avéré de covid, encore moins de cluster. C’est un peu exagéré. On paye les peaux cassées alors que le sport est quand même important dans la vie de nos jeunes.”
À l’initiative de Johan Guillou, plusieurs représentants du sport réunionnais ont monté le collectif Non à la mise sous cloche du sport à La Réunion. Une pétition en ligne, demandant “d’autoriser les compétitions et la pratique de tous les sports dans le respect des protocoles sanitaires”, recueille aujourd’hui plus de 900 signatures.