Elodie
Elodie, mère de 3 enfants, est tombée pour la première fois enceinte à l’âge de 17 ans. Elle était alors en terminale. Aujourd’hui âgée de 34 ans, elle exerce en tant que conseillère en insertion professionnelle à Pôle Emploi. Elle nous livre son histoire et les péripéties par lesquels elle est passée pour en arriver là où elle est aujourd’hui.
Elodie est une maman tout ce qu’il y a de plus heureuse. Âgée de 34 ans, elle tombe enceinte pour la première fois à 17 ans, alors qu’elle est encore qu’une lycéenne, en terminale STG au lycée Le Verger à Sainte-Marie.
C’est à 4 mois de grossesse qu’elle se rend compte qu’elle est enceinte. Elle n’a pas continué le reste de son cursus au lycée et a dû s’arrêter. "Je ne voulais pas quitter le lycée mais j’ai eu des soucis de santé, qui font que j’ai dû être alitée. Je n’ai pas continué d’étudier mais une amie continuait malgré tout à me donner les cours", témoigne t-elle.
Quelques mois après son accouchement elle décide alors de passer son bac en candidat libre pour la session du mois de septembre. Elle décroche alors ce diplôme, une étape importante pour elle puisqu’elle était consciente à cette époque "qu’il fallait un diplôme. Je me suis donnée à 100%".
C’était une période très compliquée pour la jeune mère de famille. "Quand je suis tombée enceinte ma mère ne l’a pas acceptée ; j’ai donc décidé d’aller vivre chez mes beaux-parents. Elle n’a pas eu une vie facile, elle avait une bonne situation et c’était un échec pour elle ; elle a mal accepté cette situation.Après ça c’est arrangé à la naissance de mon fils".
Avec un père décédé la même année où elle est tombée enceinte, la lycéenne de l’époque a souhaité garder son enfant. "J’étais jeune, je l’aimais déjà. Le fait de savoir que j’avais la vie en moi, j’étais heureuse. Je n’ai pas voulu mettre fin à cette vie. Le père de mon enfant m’a beaucoup aidé".
Le bac en poche, sans permis et sans voiture, Elodie ne peut alors pas poursuivre ses études supérieures et est sans activité pendant 4 ans.
"Essayer de s’en sortir"
Si entre temps elle accouche de son deuxième enfant, Elodie travaille ensuite en tant que vendeuse indépendante, "pour essayer de s’en sortir", toujours aidé de son compagnon, présent pour elle et ses enfants. Puis elle a la possibilité d’aller travailler dans l’Hexagone, de 2010 à 2012 et exerce en tant que téléconseillère.
En 2015, elle revient ensuite dans l’île avec ses enfants et son compagnon pour reprendre ses études et entame un BTS négociation relation client et enchaîne avec une licence.
Une période également difficile pour cette maman puisqu’elle doit non seulement rester concentrer sur ses études mais également s’occuper de ses enfants au quotidien. "Ce n’était pas évident car il faut gérer les enfants, les cours. Ca a été compliqué mais j’avais cet objectif par fierté, et j’ai voulu me donner à fond, ne pas baisser les bras".
Financièrement pour Elodie et ses enfants ça n’a pas été facile. "J’ai vécu dans la précarité. Mes enfants n’ont jamais manqué de rien, je me privais de certaines choses. La nourriture, les sorties, etc" confie-t-elle.
"C’était une revanche aussi"
Si elle s’est lancée dans un BTS et une licence c’était pour "prétendre à un poste à responsabilité. C’était une revanche aussi par fierté car les professeurs aux lycées me disaient " à 17 ans tu gâches ta vie. Tu ne vas pas réussir ta vie. ""
Maman de deux garçons et une fille, Elodie garde l’ambition de vouloir être responsable d’équipe. "Mes enfants m’ont donné envie d’aller toujours plus loin, sans eux, je ne serai pas là" dit-elle avec émotion.
"Je conseille aux jeunes de se former, travailler et ensuite de créer leur petite famille. Et pour les jeunes qui vont devenir ou qui sont déjà parents je leur conseille de s’entourer de bonnes personnes sur qui ils pourront compter ( famille, amies, associations) et surtout de ne jamais baisser les bras et de se donner les moyens de réaliser leurs rêves/projets", conseille Elodie avant d’ajouter cette citation de Xavier Dolan : "Tout est possible à qui rêve, ose, travaille et n’abandonne jamais. "