Illustration - SIPA
Joël Dalleau, secrétaire général de la CFDT, a écrit une lettre au Préfet de La Réunion, afin de demander des masques de protection pour les hôtes et hôtresses de caisses de tous les magasins de la grande distribution et alimentaire de la Réunion.
"Monsieur le Préfet.
Dans le cadre de la gestion de l’épidémie du coronavirus-COVID-19 sur le département de la Réunion, le 16 mars 2020 des mesures de fermetures et des mesures d’exceptions d’ouvertures concernant les établissements recevant du public ont été prises.
Nombreux sont les établissements du commerce alimentaire (supérettes – supermarchés – hypermarchés et de l’alimentation générale.) Dans ces secteurs d’activité, des milliers de salariés y travaillent, et ils sont tous exposés à un risque de contamination par le public consommateur qui vienne faire leurs courses dans ces magasins.
Au regard de la préservation de la santé publique en France de tous nos concitoyens, il a été préconisé des gestes, des attitudes, et un comportement individuel à respecter constituant des barrières pour endiguer jusqu’à l’éradication de ce virus.
En clair, chaque concitoyen doit les respectés, pour se protéger soi-même tout en protégeant ses semblables. Les voies de contaminations les plus directes sont connues de tous. Le coronavirus se transmet d’humain à humain via des contacts rapprochés (d’où les consignes de limiter les interactions physiques et de se laver les mains souvent etc.).
Mais aussi par voie aérienne à cause des microgouttelettes que les malades répandent en toussant ou en éternuant.
Chaque citoyen peut être un vecteur de contamination en ne respectant pas ces consignes élémentaires, voire être porteur de ce virus sans que celui le sache.
Avec les ouvertures d’exceptions des commerces alimentaires, les caissières sont exposées de manières continues à un risque de contamination et quand bien même la distance d’un mètre a été mise en place et respectée dans ces lieux à forte affluence humaine.
Personne n’est à l’abri d’un geste incontrôlé, d’un client (qui est considéré par les autorités comme non atteint du virus) qui éternue ou qui tousse hors coude, au niveau des caisses, à moins d’un mètre de la caissière, et le plus souvent à moins d’un mètre du client suivant.
Comment faire face à un client qui crache sur le tapis ?
Le président de la République dans son discours au français le 16 mars dernier, à employé le mot « GUERRE »… Les caissières de la grande distribution alimentaire, vont travailler elles aussi comme
en temps de « GUERRE » face à un ennemi invisible, difficile de battre au corps à corps, et sans protection. Elles ne peuvent malheureusement pas bénéficier d’un masque comme leur concitoyen de la santé, certes ces derniers ont une lourde et grande responsabilité et énormément de courage, mais la sécurité de notre population doit rester immuable.
Mais malgré tout, ces caissières iront travailler avec leur propre arme : le sourire, la bonne humeur, une plaisanterie entre deux clients aimables, afin d’apaiser leur peur, leur crainte d’être touché à tout moment par l’ennemi coronavirus. Elles trouveront chaque matin la FORCE de se lever, le COURAGE d’assumer la part et la responsabilité du contrat de travail.
Elles feront tout également pour, rester commerciales, tout faire pour que l’attente du passage en caisse des clients ne s’éternise pas au regard de l’énorme affluence de ces derniers jours. Elles aussi doivent avoir le RESPECT, la RECONNAISSANCE et l’ATTENTION, pour ce qu’elles font.
Pour le syndicat commerce et services CFDT de la réunion, il est indispensable, voire primordiale que les caissières de tous les magasins alimentaires puissent être classées parmi les personnes prioritaires du port d’un masque de protection dans le cadre de leur travail.
Ma demande, se justifie d’une part, par l’inquiétude, la peur et le doute qui s’installe dans l’esprit de tous ces salariés, et d’autre part, à titre préventif, qui contribuera certainement à résorber la propagation du virus sur le département tout en créant un climat plus stable et plus serein pour les salariés de la profession du commerce de la grande distribution et alimentaire.
Monsieur le préfet, je vous demande d’user de toutes les possibilités et de tous vos pouvoirs étatiques pour contribuer en concertation avec les employeurs à la préservation de la santé des salariés concernés en les classant parmi ceux qui doivent porter un masque de protection dans le cadre de leur travail. C’est avec conviction, que je m’adresse à vous, et je n’en doute pas que vous
m’apporterez une réponse qu’elle soit positive ou négative, et je serais attentif à toutes explications de votre part qui en résulteraient.
Veuillez agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de ma plus haute considération."