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Après le reportage de M6, révélant l’existence des dîners clandestins qui impliqueraient plusieurs ministres, Marlène Schiappa a apporté plus de précision sur France Info.
Les dîners clandestins révélés dans un reportage de M6 est au cœur de l’actualité et continuent de susciter la polémique. Sur les réseaux sociaux, plusieurs noms de personnalités "invités" à ce dîner ont été cités, dont celui de Gabriel Attal.
Au micro de France Info, la ministre déléguée auprès du ministre de l’Intérieur, chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, a reconnu l’existence d’une invitation.
Toutefois, elle a tenu à défendre que le porte-parole du gouvernement l’a fermement refusée en raison des restrictions sanitaires. "Il y a effectivement eu une invitation et Gabriel Attal l’a refusée fermement", a annoncé la ministre. "Je veux défendre mon collègue Gabriel Attal parce que je ne veux pas le laisser ’calomnié’", a-t-elle réitéré.
Après avoir visionné une vidéo dans laquelle le nom de Gabriel Attal est cité, Marlène Schiappa a tenu à préciser les propos de Pierre-Jean Chalançon, l’un des organisateurs de ce dîner clandestins. "Ce que dit monsieur Chalançon c’est, ’je suis très ami avec Gabriel Attal et bientôt, je vais l’inviter’. Il ne dit absolument pas que Gabriel Attal est venu", a-t-elle martelé.
Après ce reportage diffusé sur M6, la ministre a confirmé sur France Info, l’ouverture d’une enquête à ce sujet. "La justice s’est saisie de la question des restaurants clandestins", a-t-elle indiqué en estimant que les noms des potentiels participants doivent être vérifiés. A son avis, il ne suffit pas "de Twitter un tribunal". Chaque personne qui a participé à cela doit évidemment rendre des comptes et être pénalisée.
Interrogée si un membre du gouvernement, qui a participé à un dîner interdit, devrait démissionner, Marlène Schiappa a répondu oui. "A mon humble avis, oui. D’abord, avoir une amende comme n’importe quel citoyen, et ensuite évidemment démissionner", a-t-elle poursuivi. Toutefois, la ministre a confié ne pas vouloir avoir de préjuger sur la décision du président de la République et du Premier ministre. D’après ses dires, si ce fait est vrai, c’est gravissime, et les ministres doivent être sanctionnés et démissionner. En revanche, s’il est faux, c’est aussi gravissime parce que cela contribue encore une fois à jeter l’opprobre sur la démocratie et sur la confiance entre les élus et les citoyens.
Face à la polémique suscitée par la révélation de ces dîners clandestins, Marlène Schiappa a dit comprendre cet émoi. "Quand vous êtes confiné dans un petit logement et on vous dit qu’il y a des gens qui paient 400 euros pour aller faire des fêtes et ne pas respecter les mesures sanitaires, et déjeuner ou dîner. Je comprends que cela puisse mettre les gens en colère", a-t-elle indiqué.
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