Illustration Marina Hutchinson/AP/SIPA
Deux jours après le vaste coup de filet en France contre un réseau de cyberfinancement du terrorisme vers la Syrie, 14 personnes ont retrouvé leur liberté après leur arrestation mardi.
L’opération menée en France contre un réseau de cyberfinancement du terrorisme vers la Syrie a permis l’interpellation de 30 personnes depuis mardi. Selon une source judiciaire, 16 personnes étaient toujours placées en garde à vue ce jeudi. A l’issue de cette opération dirigée par le parquet national antiterroriste (Pnat), quatorze personnes ont été remises en liberté. Ce vaste coup de filet avait pour objectif le démantèlement d’un réseau qui utilise des cryptomonnaies pour financer des membres d’Al-Qaïda et du groupe Etat islamique en Syrie. Il a également abouti à 55 perquisitions, et l’audition de 21 personnes comme témoins, note le Pnat.
Par les personnes arrêtées figurent dix personnes fichées S pour radicalisation islamiste. Il y avait aussi six proches de femmes et d’enfants de djihadistes détenus en Syrie dont la majorité a été libérée. Ces derniers sont soupçonnés d’avoir utilisé ce réseau pour leur envoyer de l’argent. Le collectif Familles unies a dénoncé leur interpellation en défendant le droit d’envoyer de l’argent à "leurs filles ou leurs belles-filles" pour qu’elles puissent survivre dans les camps "insalubres" de Syrie. "Il est scandaleux de les avoir traités comme des criminels", a scandé Me Marie Dosé, avocate de quatre d’entre eux sur le récit de 20 Minutes. Elle a ajouté que les autorités étaient en connaissance de ces envois d’argent.
D’après les informations relayées par le Pnat, des dizaines de personnes vivant en France ont acheté depuis 2019 et "à maintes reprises" des coupons (de cryptomonnaie) dans des bureaux de tabac. La valeur des coupons variait entre 10 et 150 euros et ils étaient ensuite crédités sur des comptes ouverts depuis l’étranger par des djihadistes.
Lire toute l’actualité en Syrie