SEBASTIEN SALOM-GOMIS/SIPA
La ministre de la Santé Agnès Buzyn s’est portée défenseur de l’homéopathie à laquelle les Français sont attachés.
L’homéopathie et la question de son remboursement ont été mises en avant dans une interview accordée jeudi par la ministre de la Santé sur BFMTV et RMC. S’agissant de médecines qu’elle a appelées complémentaires, Agnès Buzyn a parlé de l’existence d’un groupe de travail à la direction générale de la santé. Ce dernier, selon elle, se charge vérifier que toutes ces pratiques ne sont pas dangereuses pour la santé publique. "Si ça continue à être bénéfique sans être nocif, ça continuera à être remboursé", a-t-elle déclaré. À la question de savoir si l’homéopathie sera remboursée par la Sécurité sociale, la ministre a répondu : "Nous verrons".
La ministre de la Santé estime que les Français sont attachés à l’homéopathie, car c’est probablement un effet placebo. Agnès Buzyn soutient d’autant plus le gain collectif de la consommation de ces médecines complémentaires pour éviter d’utiliser des médicaments toxiques. En septembre 2017, le Conseil scientifique des académies des sciences européennes (Easac) a indiqué que malgré l’effet placebo, l’efficacité des produits homéopathiques pour quelque maladie que ce soit n’a pas été solidement prouvée. "L’homéopathie peut avoir un effet nocif en retardant la consultation d’un médecin ou dissuadant le patient de rechercher les soins médicaux appropriés", a-t-il déploré.
Dans une tribune publiée par Le Figaro le 19 mars, des médecins ont violemment critiqué l’homéopathie. Ils évoquaient des pratiques "ésotériques" et "dangereuses" qui n’avaient rien de scientifique. Ils estiment que ces pratiques sont basées sur des croyances promettant une guérison miraculeuse.