RICHARD B. LEVINE/NEWSC
Interdit en France, le Bisphénol A est cependant toujours présent. Lors d’une vaste analyse de produits alimentaires, l’Association Santé Environnement France (ASEF) a indiqué que des faibles traces du perturbateur endocrinien ont été retrouvées dans une canette de soda et une boîte de conserve de haricot blanc.
En France, depuis 1er janvier 2015, le Bisphénol A (BPA) est interdit dans tous les contenants alimentaires et les tickets de caisse. Cette décision s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale contre les perturbateurs endocriniens adoptée le 29 avril 2014, un programme qui tend à diminuer l’exposition de la population et de l’environnement à ces substances dangereuses pour la santé.
Pourtant, dans une récente enquête menée par France 4 pour l’émission "On n’est plus des pigeons" et en collaboration avec l’ASEF, cette substance chimique serait toujours présente. L’association a fait analyser en laboratoire deux canettes de boissons et deux boîtes de conserve contenant des haricots blancs. Résultat : une des canettes et une des boîtes de conserve contenait du BPA. "Certes, il s’agit de très faibles doses (ndlr inférieures à un microgramme par litre) et les essais ayant été faits sur un échantillon faible, nous ne pouvons extrapoler. Néanmoins nous sommes surpris d’avoir trouvé du BPA dans des boîtes vendues dans le commerce plus d’un an après son interdiction", explique le docteur Pierre Souvet, président de l’ASEF, sur le site de l’association.
Des analyses ont été également effectuées sur six biberons. Aucune trace de Bisphénol n’a été retrouvée. "C’est une bonne nouvelle pour les jeunes parents ! Néanmoins, nous conseillons de privilégier tant que c’est possible les biberons en verre si vous chauffez l’eau", commente toujours le docteur Pierre Souvet. La substance a été bannie des biberons depuis 2011.
Des traces de Bisphénol F et S, des substances légalement autorisées, ont également été retrouvées. Ces substances seraient tout aussi nocives selon le Dr Patrice Halimi, Chirurgien-Pédiatre à Aix-en-Provence et Secrétaire Général de l’ASEF, cependant cette nocivité dépendrait de différents facteurs : âge, sexe, profil génétique… "On sait qu’un fœtus porté par une femme enceinte sera beaucoup plus sensible à ces produits qu’un homme de 50 ans...", révèle le docteur Patrice Halimi.
Pour rappel, les perturbateurs endocriniens comme le BPA, sont suspectés d’interagir avec le système hormonal, d’altérer la fécondité et le développement des fœtus et de jouer un rôle dans le déclenchement des cancers.
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