SIPA
Engagé depuis le 18 décembre, le bras de fer entre le préfet de la Région PACA, qui se dit favorable à la poursuite d’activité d’Altéo, se poursuit.
L’autorisation du rejet de boues rouges dans le Parc national des Calanques, dans les Bouches-du-Rhône, avait été annoncé dans la journée d’hier par le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, rappelle le site 20minutes.fr. Ségolène Royal, la ministre de l’Environnement s’est dite défavorable à cette décision.
Ségolène Royal a affirmé que "l’ordre est venu du Premier ministre au préfet, direct". La ministre a réaffirmé son refus et n’avoir pas changé d’avis. "Je pense que c’est une mauvaise décision qui est essentiellement suscitée par le chantage à l’emploi", a-t-elle ajouté.
Le préfet de la région PACA a autorisé la poursuite d’activité de l’industriel Altéo et le rejet en mer, pour 6 ans, de résidus de la production d’alumine, en plein cœur du Parc national des Calanques. Plusieurs associations de défense de l’environnement et de riverains dénoncent la toxicité de ces boues rouges.
Pour Ségolène Royal, "il aurait fallu avoir le courage d’imposer à l’entreprise une mutation du site et une dépollution. Là, l’entreprise a obtenu une dérogation pour continuer à polluer", a-t-elle ajouté, espérant qu’il y aura des recours pour plus de clarté sur le dossier.
Les pollutions marines, enjeu de la COP21
Ségolène Royal a noté que les dernières enquêtes de l’Anses (Agence française de sécurité alimentaire et sanitaire) publiées il y a quelques jours ont montré qu’à l’endroit des rejets, il y avait une contamination beaucoup plus forte, notamment en mercure, une pollution dangereuse pour la santé.
Altéo bénéficie d’exonérations de paiement des taxes de pollution représentant dix millions d’euros tous les ans, ainsi que de subventions publiques, selon toujours Ségolène Royal qui a également rappelé que la Conférence de Paris sur le climat (Cop21) qui s’est tenue il y a quelques semaines a mis en évidence la problématique de la gravité des pollutions dans la mer.