Lionel Cironneau/AP/SIPA
L’état de catastrophe naturelle va être déclaré après les crues provoquées par les orages sur la Côte-d’Azur. Le dernier bilan fait état de 17 morts et 4 personnes portées disparues. Pour expliquer un tel débordement, Eric Ciotti avance le manque d’infrastructure dans la région.
Dix-sept personnes sont mortes dans le sud-est de la France, et quatre sont portées disparues après des inondations dévastatrices provoquées samedi soir par des orages d’une rare intensité sur la Côte d’Azur où la saison touristique bat encore son plein. Le déluge de pluie a été "très violent et concentré", a souligné le préfet des Alpes Maritime, Adolphe Colrat, alors que le soleil brillait à nouveau dimanche sur la Côte d’Azur. En certains endroits il est tombé 180 mm de pluie en trois heures.
"Ce qui s’est produit est inédit", a indiqué le président du conseil départemental des Alpes-Maritimes et député (Les Républicains), Eric Ciotti. En l’espace de quelques heures, les trombes d’eau ont atteint des niveaux exceptionnels. 195 mm d’eau ont été relevés à Cannes samedi, 178 mm à Mandelieu-la-Napoule, 100 mm à Valbonne et même 200 mm à Biot, soit l’équivalent de deux mois de pluie. Ce déluge a entraîné diverse crues, dévastant garages, parkings, magasins, maisons et campings.
Un drame qui pouvait être évité
Plusieurs interrogations viennent bousculer les responsables locaux afin d’expliquer un tel drame. En effet, pour certains, les inondations pouvaient être évitées. "Il y a eu des erreurs commises il y a 50 ans quand l’État d’ailleurs délivrait les permis de construire", relève Eric Ciotti. Néanmoins, "tout est mis en œuvre pour sécuriser les habitants", assure-t-il tout en soulignant que le plan de bataille se déroule progressivement. Ainsi, dit-il, à Mandelieu, le plan d’actions de prévention des inondations (PAPI) a bien été monté mais les travaux doivent se réaliser. À Biot encore, un premier bassin de rétention a été construit pour prévenir les débordements de la Brague. "Mais cela n’a pas suffi", confesse Eric Ciotti en poursuivant : "Il faut admettre une forme d’impuissance face au déchaînement de la nature".
L’état de catastrophe naturelle sera déclaré
Face à l’ampleur des dégâts causés par le déluge meurtrier, François Hollande a annoncé que l’état de catastrophe naturelle serait reconnu dès mercredi 7 octobre lors du Conseil des ministres afin d’indemniser les sinistrés pour leurs biens garantis. Les indemnisations devront être versées dans les trois mois qui viennent, au maximum. "C’est l’heure de la reconnaissance du drame, du recueillement mais aussi de l’action", a affirmé le chef de l’Etat.
François Hollande attire l’attention sur le changement climatique
Les pluies ont notamment entraîné la crue du petit fleuve côtier de la Brague, submergeant des rues de Cannes, Antibes, Mandelieu-la-Napoule, Villeneuve-Loubet et Nice. La plupart des victimes ont été noyées dans leurs voitures, piégées dans des parkings en sous-sol. Le président François Hollande, qui a exprimé "la solidarité de la Nation", s’est rendu sur place avec le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve et a rencontré des habitants encore traumatisés. "Il y a toujours eu des catastrophes, mais leur rythme, leur intensité se sont renforcés", a jugé François Hollande. Il a appelé à "prendre des décisions" pour le climat, à quelques semaines de la conférence mondiale sur le climat Cop21 accueillie par la France.