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Le ministre français de l’Intérieur a tenté, hier, à Riga, de convaincre ses homologues européens d’opter pour un contrôle renforcé des voyageurs afin de resserrer les mailles du filet antiterroriste.
Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve s’est rendu, hier, à Riga, en Lettonie, pour convaincre ses homologues de l’Union européenne d’adopter le projet français d’un "passenger name record" (PNR) européen, rapporte Le Figaro. Il s’agit d’un système de partage des données sur les passagers aériens, censé mieux détecter les déplacements des djihadistes.
Pour l’heure, cette idée rencontre la réticence de la commission des libertés civiles du Parlement européen, où les socialistes allemands, les Verts, mais aussi quelques libéraux estiment que le PNR stocke trop de données sur des voyageurs étrangers au terrorisme et qu’il est peu compatible avec les principes de proportionnalité de la menace.
Un téléphone portable repéré grâce au PNR
Près de 1 300 français et résidents sont désormais impliqués dans le djihad et l’entourage de Bernard Cazeneuve en appelle à la lucidité et au pragmatisme. "Ce n’est pas avec des outils à la papa que l’on va faire face à cette menace", observe-t-on place Beauvau.
La France mettra en place son PNR en octobre et la moitié des 28 pays de l’Union européenne ont donné leur accord à un dispositif similaire. "Il ne s’agit en aucun cas de créer un système d’espionnage de type Prism à l’échelle de l’Europe, puisqu’il n’existera aucun fichier de centralisation des données", dit un conseiller ministériel.
Chaque pays sera doté de son propre fichier permettant de repérer un suspect accompagnant par exemple un mineur susceptible de faire le djihad et revenant seul. Le PNR français intégrera pour chaque voyageur 24 types de données tels que les noms, les détails de la carte de crédit, le poids de bagages, les destinations. Ces données seront fournies par les compagnies aériennes.