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Human Rights Watch accuse la police de harcèlement et d’exactions à l’encontre des migrants, document largement critiqué par le ministre de l’Intérieur.
Partant des entretiens menés avec 44 migrants et demandeurs d’asile, Human Rights Watch a sorti son rapport d’accusation de la police française. Les personnes enquêtées vivant dans le dénuement dans la ville portuaire de Calais affirment être victimes de harcèlement et d’exactions par la police française. Dans son document, l’ONG dénonce de nombreuses formes de violences dont les passages à tabac, les coups et les blessures ainsi que les émissions de gaz lacrymogène.
Human Rights Watch exige alors du gouvernement français qu’il effectue une enquête immédiate sur les témoignages de violences policières. Il devra également donner des directives claires aux policiers notamment en ce qui concerne l’interdiction de l’utilisation injustifiée et disproportionnée de la force, cas des gaz lacrymogènes.
Face à de telles accusations, le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve a aussitôt réagi. Il a regretté que l’association Human Rights Watch n’ait pas pris la peine de procéder à la vérification des affirmations de violences policières dont elle rapporte. Compte tenu de la gravité des accusations publiques contre les forces de l’ordre énoncées dans ce document, l’association aurait dû entendre la version des responsables de la police sur des faits précis. Dans le cas échéant, elle aurait pu saisir les services compétents, estime le ministre sur Le Parisien. C’est pourquoi, "le Ministère de l’Intérieur invite en conséquence l’association Human Rights Watch à saisir ces autorités des éléments tangibles qu’elle aurait pu recueillir afin que des enquêtes approfondies et impartiales puissent être menées sur ces faits", a ajouté Mr. Cazeneuve.