SIPA
Alors que le chef de l’Etat veut réduire de moitié le nombre de décrocheurs scolaires, la ministre de l’Education Najat Vallaud-Belkacem a annoncé le déblocage de 50 millions d’euros par an pour y parvenir.
Au cours d’un entretien diffusé ce vendredi 21 novembre par Le Parisien/Aujourd’hui en France, la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem a annoncé qu’un budget de cinquante millions d’euros par an serait débloqué dans la lutte contre le décrochage des élèves qui sortent du système scolaire chaque année. "Il s’agit cette fois d’un véritable pilotage national qui se donne les moyens : 50 millions d’euros par an", a déclaré la ministre sur le récit de RTL en rajoutant : "il faut traiter à la fois la prévention du décrochage, le raccrochage et la remédiation".
Lors de sa prise de parole, Vallaud-Belkacem a souligné "on va donc former les enseignants à détecter précocement les difficultés scolaires, associer les parents à cette démarche... y compris avec des formations à une meilleure connaissance de l’institution scolaire pour ceux qui en éprouvent le besoin". Par ailleurs, le redoublement deviendra une décision "exceptionnelle", en accord avec les parents et entraînant un accompagnement spécifique des élèves comme il est stipulé dans le décret publié dans le Journal officiel jeudi.
Notons à ce propos que les articles se rapportant au redoublement se seront appliqués qu’à la rentrée 2015. À l’avenir, il pourra intervenir pour "pallier une période importante de rupture des apprentissages scolaires", avec "l’accord écrit des représentants légaux de l’élève ou de l’élève lui-même, si celui-ci est majeur". Le décret stipule qu’"en cas de redoublement, un dispositif d’aide est mis en place, qui peut s’inscrire dans un programme personnalisé de réussite éducative."
Sur ce point, la ministre s’est adressée aux enseignants en disant qu’ils "auront une formation au repérage des signes annonciateurs du décrochage et des outils pédagogiques pour y faire face". Et Vallaud-Belkacem de poursuivre : "des référents décrochage seront présents dans chaque établissement (et) le suivi des absences sera amélioré".
Lors de son entretien, la ministre de l’Education propose qu’"en cas de rupture ponctuelle de la scolarité, un lien (soit) systématiquement maintenu avec au moins un enseignant pour préparer le retour en classe" ainsi qu’une "prise en charge adaptée et personnalisée par des équipes constitués non seulement de professionnels de l’éducation, médico-sociaux, mais aussi d’associations". En revanche, elle a mis l’accent sur une tranche d’âge des adolescents en précisant : "les 15 à 18 ans dont le risque de décrochage est avéré se verront proposer un parcours de stagiaire de la formation initiale personnalisé". Et de poursuivre : "pris en charge par un tuteur, toujours sous statut scolaire, ils pourront faire un stage de découverte en entreprise, un service civique, le temps de mûrir un projet et de trouver une solution de formation adaptée".