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Jean-Marie Le Pen, exclu du Front national, célébrera le 1er mai sans sa fille Marine. Il organise un rassemblement fixe sous la statue de Jeanne d’Arc place des Pyramides à Paris et soutient que Daesh "ne lui fait pas peur".
Le 1er mai prochain, Marine Le Pen déposera une gerbe place Saint-Augustin, dans le 8e arrondissement de Paris, avant de se rendre à un banquet à La Villette, rappelle le site metronews.fr. Pendant ce temps-là, Jean-Marie, son père, sera place des Pyramides, au pied de la statue de Jeanne d’Arc, pour un rassemblement statique. Il a livré une interview exclusive au site metronews.fr sur ces bizarreries internes au Front national et les menaces de Daesh dont le parti d’extrême droite a fait l’objet.
Jean-Marie Le Pen veut maintenir le traditionnel défilé du 1er mai du Front national parce qu’elle a été constamment respectée par le parti depuis 28 ans. Cette année, Marine Le Pen a rompu cette tradition à cause des menaces de Daesh. Il a donc pris le relais en appelant à un rassemblement statique. "Je pense en effet que la préfecture de police ne souhaite pas qu’il y ait de défilé pour des raisons de sécurité. Dans cette période d’état d’urgence, les effectifs ne sont a priori pas suffisants pour l’encadrer. Une chose est sûre, le rassemblement, où nous attendons au moins un millier de personnes venues de toute la France, sera surveillé de près, avec un service d’ordre privé et un effectif policier mobile et adapté", a-t-il expliqué.
Jean-Marie Le Pen a utilisé le mot "prétexte" concernant l’annulation du défilé traditionnel, que le FN a justifié par les menaces proférées par Daesh à son encontre. Pour lui, le baquet organisé par le parti ressemble à un "déjeuner de têtes de veaux pour avoir les UMP chers à Jacques Chirac, et avec du saucisson ou du boudin pour les socialistes. Tout le monde sera content".
Quant à la menace de Daesh, c’est une raison que Jean-Marie Le Pen réfute. "Moi, elle ne me fait pas peur", a dit celui qui ne voit pas en quoi le banquet à La Villette serait moins exposé qu’un défilé sur la voie publique. "Si Daesh doit attaquer le Front national, il va peut-être le faire entre la poire et le fromage", a-t-il poursuivi.
En février dernier, dans son magazine de propagande en français Dar-al-Islam, Daesh s’en prenait pourtant directement au Front national. On pouvait y voir notamment une photo du cortège annuel du 1er mai avec cette légende :"Rassemblement d’idolâtres du FN. Des cibles de premier choix". Mais Jean-Marie Le Pen pense que, FN ou pas, tous les Français sont désignés. "Si on se met à avoir peur, on ne fait plus rien. Qui pourrait dire que des milliers de personnes réunies dans un stade ne sont pas des cibles vulnérables par exemple ? On ne va pas annuler l’Euro 2016 pour autant ! La vie doit continuer", a-t-il conclu.