Illustration - SIPA
Par manque d’information ou par désamour de la politique, de nombreux français ne voteront pas lors des prochaines départementales. Cette année, les différentes enquêtes montrent une abstention record, supérieure à 50%.
Tous les spécialistes s’accordent sur un fait : l’abstention risque de battre des records aux prochaines éléctions départementales. "Toutes les enquêtes montrent que l’on va vers une abstention élevée, supérieure à 50%, entre celle des européennes 2014 (57,6%) et celle des cantonales 2011 (55,23%)", indique le politologue Pascal Perrineau au Parisien. L’idée d’une abstention massive inquiète les leaders politiques, particulièrement ceux du PS. Les politologues évoquent la lassitude et le désintérêt toujours plus grand des français pour la politique.
L’analyse des derniers sondages sont explicites. Selon un sondage réalisé par l’institut CSA pour BFMTV, près de 58% des sondés ne voteront pas. Le sondage Ifop pour Le Journal du Dimanche révèle le même résultat : 57% des Français ne comptent pas participer au premier tour des élections départementales le dimanche 22 mars. "Il y a un contexte général d’abstentionnisme car, depuis de nombreuses années, beaucoup de Français expriment de cette façon leur méfiance envers les politiques", explique le politologue.
Pire encore, un sondage Odoxa réalisé pour iTélé révèle qu’un tiers des Français n’ont aucune idée que des élections départementales se tiennent les 22 et 29 mars prochains ni même ne savent en quoi elles consistent et à quoi elles servent. Cette méconnaissance des départementales est fortement constatée chez les jeunes. "Selon les études, 80% des 18-24 ans devraient s’abstenir. C’est vertigineux", relève Pascal Perrineau.
Autres faits constatés par les études : mêmes ceux qui connaissent l’existence du scrutin ne sont pas réellement motivés à se rendre aux urnes. Il faut dire que les candidats ne peuvent présenter un programme détaillé dans la mesure où les compétences que le département aura à gérer ne seront officiellement connues qu’en juillet prochain.
Au final, un faible taux de participation aurait une réelle influence sur le résultat tout en sachant que le nouveau mode de scrutin implique qu’il faut au moins 12,5% des inscrits au premier tour pour pouvoir se présenter au second. En clair, pour une participation de 42%, il faudra comptabiliser près de 30% des voix au premier tour pour se maintenir au second s’il l’on n’est pas dans les deux premiers.