Illustration - SICCOLI PATRICK/SIPA
Le dentiste millionnaire Lionel Guedj est accusé de mutilations sur des centaines de ses patients. La procureure de la République de Marseille a requis la peine maximale.
La procureure de la République de Marseille Marion Chabot a demandé à la cour de condamner le dentiste Lionel Guedj à une peine de dix ans de prison ferme, assortie d’une amende de 375 000 euros. Comme le rapporte le journal 20 Minutes, l’interdiction définitive d’exercer la profession de chirurgien-dentiste est également requise en raison de la "gravité des faits et du nombre de victimes".
Outre ces peines, le ministère public demande également la confiscation de son immeuble constituant sa résidence principale, et de l’ensemble des biens saisis lors de la procédure. La chaîne rappelle qu’il y a 10 ans, Lionel Guedj était à la tête du cabinet dentaire le plus lucratif de France, avec un chiffre d’affaires excédant les 3 millions d’euros avant d’être arrêté. Ces gains lui ont permis d’avoir des immeubles, des œuvres d’art et autres voitures de luxe.
Le ministère public a par ailleurs, signifié que l’argent a été le mobile de ce dentiste qui a enchaîné les patients à un rythme effréné. "Qu’est-ce qui a tant animé la machine à broyer Guedj, préprogrammé sur un plan aussi machiavélique ? L’argent, le profit optimal", a lancé Marion Chabot. Selon ses dires, les docteurs Guedj ont une conception très personnelle de cette notion de rapport bénéfices risques : "ils ont pris les bénéfices et ils ont laissé tous les risques à leurs patients".
Marion Chabot a qualifié cette méthode de "politique industrielle Guedj" avec un mode opératoire univoque standardisé pour les 327 parties civiles de la procédure. Plusieurs personnes souffrent encore d’abcès et d’autres kystes aujourd’hui, 10 ans après la première plainte. Une "méthode cynique, perfide" qui a consisté à dévitaliser pas moins de 3 900 dents en quelques années seulement sur des centaines de patients.
Le ministère public a également accusé Jean-Claude Guedj, le père de Lionel en parlant d’une "association de malfaiteurs".
"Jean-Claude Guedj vient vous expliquer qu’il n’a rien vu, rien entendu", a fustigé le procureur de la République Michel Sastre. Pourtant, selon lui, beaucoup de victimes passées devant cette barre l’ont vu dans ce cabinet.
Le ministère public requiert ainsi, la peine de quatre ans de prison ferme et un an de prison avec sursis, assorti d’une amende de 150 000 euros et d’une interdiction d’exercer la profession de dentiste contre lui. Ces peines sévères ont été accueillies dans un silence de sidération, tant du côté des prévenus que des nombreuses parties civiles présentes.
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