Illustration SIPA
René Pich, 79 ans, directeur général délégué de SNF à Andrézieux-Bouthéon (Loire) a été visé par une enquête pour "exercice illégal de la pharmacie et de la médecine".
L’utilisation de la chloroquine dans le traitement des patients atteints du coronavirus fait l’objet de vifs débats en France. Le fondateur du groupe de chimie SNF, à Andrézieux-Bouthéon (Loire), a pourtant décidé de prendre ses propres initiatives. Il a été placé lundi en garde à vue puis relâché parce qu’il aurait proposé ce médicament aux salariés de sa société pouvant souffrir du Covid-19, rapportent des sources judiciaire et syndicale. René Pich, 79 ans, également directeur général délégué de SNF, a été entendu par les gendarmes de la brigade de recherches de Montbrison. Le septuagénaire est visé par une enquête pour "exercice illégal de la pharmacie et de la médecine", ouverte par le parquet de Saint-Etienne.
Selon le procureur de la République de Saint-Etienne, David Charmatz, l’enquête a été ouverte après un signalement effectué le 31 mars par l’inspection du travail de la Loire. Avant cela, René Pich a sorti une note datée du 18 mars, informant que l’entreprise était en possession de comprimés de phosphate de chloroquine. Les salariés qui voulait s’en procurer en cas de symptômes du Covid-19 devaient donc en faire la demande "auprès de la direction pour la délivrance du produit". "Nous nous sommes informés en Chine dès la fin janvier et nous avons compris que ce produit était la solution", a écrit le dirigeant en ajoutant que le produit est utilisé avec succès en Chine, Corée du Sud et Thaïlande.
Lors d’une audition libre vendredi, René Pich avait remis volontairement aux gendarmes cinq boîtes de chloroquine soit quelques centaines de comprimés. Le procureur Charmatz a affirmé qu’il s’agissait de produits non-validés par les autorités de santé et également interdits à l’importation. D’autres cadres dirigeants du groupe ont été également auditionnés. Le syndicat CFDT de la chimie a également porté plainte vendredi auprès du parquet de Saint-Etienne pour "mise en danger de la vie d’autrui, exercice illégal de la médecine et de la pharmacie et administration de substances vénéneuses".
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