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L’autrice Bénédicte Martin s’est exprimée sur l’agression sexuelle qu’elle aurait subie par Patrick Poivre d’Arvor.
Bénédicte Martin a déposé une plainte pour agression sexuelle à l’encontre de Patrick Poivre d’Arvor. Cette plainte n’aboutira pas pour cause de prescription, mais elle souhaite ajouter son témoignage aux dizaines d’autres. L’écrivaine raconte l’agression sexuelle qu’elle a subie en 2003 par l’ex-présentateur au micro de BFMTV. "Son agression me hante depuis 19 ans", a-t-elle noté tout en précisant que depuis tout ce temps-là, elle marche comme si elle avait "une jambe cassée".
La journaliste veut rajouter une pierre à l’édifice pour que ce crime soit entendu. Selon ses dires, elle témoigne pour que la loi change peut-être par rapport à la prescription, car "si nous témoignons si tardivement, c’est que le processus est très long pour les victimes". Elle a confié par ailleurs, que le jour où elle a porté plainte, en sortant, elle ne sentait plus la main de PPDA dans sa culotte pour la première fois de sa vie.
Trois témoignages de femmes ont été publiés lundi dans le journal Libération, dont celui de Bénédicte Martin. Cette dernière a été invitée de l’émission littéraire de PPDA, Vol de nuit en 2003.
Quelques semaines plus tard, après l’enregistrement de ce JT, elle est emmenée par une secrétaire dans un bureau, où elle se retrouve ensuite seule avec PPDA.
L’ex-présentateur lui a parlé de quelque chose de très intime qui l’a particulièrement troublée. "Je suis désarçonnée, j’ai commencé à avoir une perte de repères et pendant ce temps-là, il tourne autour de moi", a-t-elle révélé. Par la suite, l’ex-présentateur la saisit par derrière et la fait tomber par terre. Elle se débat alors que celui-ci tente de l’embrasser et de baisser son collant sous sa jupe. L’autrice réussit à s’échapper et à fuir.
Selon elle, PPDA est un violeur en série : cela se passe au même moment avec le même type de femme (...). "J’ai arrêté de lire les témoignages, car j’ai l’impression de lire ma propre histoire", a-t-elle souligné.
Sur la chaîne, Bénédicte Martin a relaté ces faits à tout le monde, mais elle n’a rencontré que de l’indifférence. Effectivement, elle a parlé de cette agression sexuelle à son éditeur, Frédéric Beigbeder. Pourtant, ce dernier a explosé de rire en disant que "ce n’est pas grave". L’auteur Michel Houellebecq était également présent dans la pièce et ne s’est pas non plus indigné. "Tout le monde était au courant", a regretté l’écrivaine.
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