SIPA/Jacques Witt
Dans le cadre de l’affaire Pegasus, 17 journalistes de 7 pays ont décidé de porter plainte avec Reporters sans frontières (RSF) contre la société israélienne NSO Group.
L’affaire Pegasus est au centre de l’actualité en France et dans le monde. Vendredi 6 août, 17 journalistes, venant de 7 pays ont décidé de porter plainte aux côtés de Reporters sans frontières (RSF) contre la société israélienne NSO Group, à l’origine de cette technologie.
Selon l’ONG, ces victimes potentielles ou avérées du logiciel de surveillance, "se sont joints formellement" à la plainte déposée par RSF avec 2 journalistes franco-marocains, Maati Monjib et Omar Brouksy auprès du parquet de Paris. Ce dernier a par ailleurs, ouvert une enquête sur l’espionnage de journalistes.
Le journal Le Figaro rapporte que ces journalistes sont originaires d’Azerbaïdjan, du Mexique, d’Inde, d’Espagne, de Hongrie, du Maroc et du Togo. Ils savent ou ont des raisons sérieuses de craindre d’avoir été espionnés par leur gouvernement.
RSF a précisé que plusieurs sont victimes de la vindicte de leur gouvernement depuis de nombreuses années. Entre autres, l’ONG de défense des journalistes a cité Hicham Mansouri au Maroc ou Swati Chaturvedi en Inde. "Certains ont même été espionnés par un Etat étranger, comme l’Espagnol Ignacio Cembrero, très probablement surveillé par le Maroc", a-t-elle poursuivi.
Dans le cadre de cette affaire, un consortium de 17 médias internationaux a publié une enquête à partir du 18 juillet.
Elle a révélé que le logiciel Pegasus aurait permis d’espionner les numéros d’au moins 180 journalistes, 600 hommes et femmes politiques, 85 militants des droits humains ou encore 65 chefs d’entreprise de différents pays.
L’ONG a souligné qu’elle a saisi formellement les Nations unies des cas de ces journalistes. L’objectif est d’obtenir des explications de la part des Etats, suspectés d’avoir eu recours à Pegasus pour espionner ces journalistes.
RSF demande par ailleurs, d’exiger la stricte régulation internationale de l’exportation, la vente et l’utilisation de logiciels de surveillance tels que Pegasus, et un moratoire international sur la vente de ces logiciels.
Au total, 19 journalistes ont déposé une plainte avec l’ONG en France et "ont mandaté l’organisation pour saisir avec eux les mécanismes des Nations unies", a-t-elle souligné.
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