Illustration SIPA
Max Mathiasin, député de la Guadeloupe, a voulu interpeller le gouvernement sur la question d’esclavage en Lybie. Son discours a été salué par l’Assemblée.
Lors de la séance des questions au gouvernement de l’Assemblée nationale, les députés ont voulu interpeller l’Exécutif sur la question d’esclavage en Lybie. L’affaire a été révélée par la chaîne américaine CNN qui a diffusé un documentaire montrant des images de ventes aux enchères de migrants dans une maison près de Tripoli, en Libye.
Max Mathiasin a évoqué son histoire personnelle à l’Assemblée nationale, mardi, pour dénoncer et alerter les autorités sur cette tragédie humaine en Libye. "C’est une réalité qui fait partie de ma mémoire, de notre mémoire, de ma vie, de notre vie, de la culture qui nous façonne tous.", a-t-il lancé. Le député de la Guadeloupe revient alors sur l’histoire de ses ayeux : "Ma grand-mère m’a raconté : son grand-père est né en Afrique en homme libre, il a été capturé et vendu, il est arrivé en Guadeloupe en esclave". Pour susciter la réaction du gouvernement et de la communauté internationale face à cette "urgence absolue", l’élu issu du Modem va plus loin en soulignant "D’aucuns pensent que la traite d’êtres humains et d’esclaves ont disparu au 19ème siècle, mais il n’en est rien".
"Mes chers collègues, n’est-ce pas dans cet hémicycle même qu’a été votée en 2001 la loi reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité ? La France et l’Union européenne doivent réagir face à ce drame humanitaire insoutenable qui sévit en Libye et dans d’autres pays et nous les connaissons", conclut-il.
Les propos de Max Mathiasin ont été salués par ses collègues qui lui ont fait une standing ovation.
Pour répondre à l’appel du député de Guadeloupe, la ministre chargée des Affaires européennes, Nathalie Loiseau a indiqué : "Nous avons tous été saisis d’horreur devant les images" de CNN, ce qui "appelle des actes de responsabilité". Elle a répondu aux questions des élus dans l’hémicyle car le Premier ministre et du ministre des Affaires étrangères n’ont pas assisté à la séance.