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Pour obtenir gain de cause auprès de sa direction, Yann Djail, un conseiller Pôle emploi des Yvelines a entamé une grève de la faim. La simple blague sur Daech lui a valu un cauchemar.
Yann Djail a choisi la mauvaise blague. Le conseiller Pôle emploi des Yvelines a été mis à pied après envoyé un mail à l’un de ses collègues. La plaisanterie concernait l’organisation de l’Etat islamique. "Daech revendique le tremblement de terre en Italie", avait-il écrit en août 2016 à la suite du séisme qui a frappé l’Italie. Dix jours après l’envoi de ce courriel, son quotidien s’est transformé en un cauchemar. Il a d’abord été convoqué par le responsable sécurité de sa direction régionale. Il a été ensuite mis à pied puis visé par une plainte pour "apologie du terrorisme". Mais ce n’est pas tout. Il a été placé en garde à vue et son domicile a été perquisitionné. Pour se faire entendre, le jeune homme a entamé une grève de la faim lundi 13 février.
A l’heure actuelle, l’affaire a été classée sans suite. En guise de sanction après cette simple blague sur Daesh, la direction de Yann Djail lui a imposé une mutation. "Si j’acceptais de rejoindre l’agence de Versailles, les sanctions étaient levées", a confié le salarié au Parisien. Un changement d’agence qu’il n’a pas accepté sous prétexte qu’il n’avait rien à se reprocher. Sa sanction lui a d’ailleurs causé un trouble anxio-dépressif et le conseiller pôle emploi a été reconnu comme travailleur handicapé. Placé en arrêt maladie depuis septembre 2016, il souhaite engager un avocat pour que son cas soit examiné par la justice.
Interrogé par nos confrères du Parisien, un délégué FO a déclaré qu’il s’agissait d’une simple blague, mais que certains qualifieront de douteuse. Selon lui, quelqu’un voulait lui faire avouer qu’il était terroriste étant donné qu’Yann était kabyle. "On lui a prêté plein de choses comme une allégeance à Mahomet, d’avoir dit cinq fois Allah Akbar le jour de Charlie Hebdo, d’avoir transporté une bombe ou d’avoir envoyé un mail déclarant qu’il souhaitait partir en Syrie", a expliqué le syndicaliste.