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Margot, la jeune maman de Léana, deux ans et demi, décédée lors de l’attentat de Nice n’a plus rien. Elle est partagée entre un sentiment de colère et d’incompréhension après que son RSA lui a été retiré.
Sa petite fille aurait dû rentrer en petite section de maternelle, mais elle est décédée sur la Promenade des Anglais pendant l’attentat de Nice. Aujourd’hui, sa maman Margot ne parvient pas à faire son deuil. "Ma fille, c’est ce que j’avais de plus cher au monde. J’ai laissé ma vie sur la Prom’", a-t-elle confié dans un reportage sur France 3 Côte d’Azur. Depuis ce drame qui a coûté la vie à 85 personnes, la jeune femme a déménagé avec ses parents dans un autre quartier. Elle ne vit plus, mais survit en se plongeant dans ses rêves pour revoir sa fille.
Alors qu’elle a perdu le seul enfant qu’elle avait à la charge, Margot ne bénéficie plus de son RSA. Et quand l’attentat est survenu, elle a renoncé à son nouveau travail, assistante maternelle. Prise d’une immense colère et face à l’incompréhension, la jeune femme a perdu tout espoir. "Quand je vois qu’une personne fichée S, récemment sortie de prison, a pu bénéficier du RSA et qu’on me le retire au profit de ce genre de personnes… Aujourd’hui, je n’ai plus rien", a-t-elle déclaré sur les propos relayés par Femme Actuelle ce lundi.
Le député Gérard Bapt a d’ailleurs dénoncé cette situation obscène. "Il va être humainement douloureux pour les familles des victimes des attentats d’apprendre qu’un assigné à résidence, dont le nom apparaît dans plusieurs enquêtes judiciaires liées au terrorisme, bénéficie des droits de notre protection sociale (NDLR : demande effectuée en juillet à sa sortie de prison) ", a-t-il expliqué. "Il va être difficile aussi à comprendre cette situation par les familles modestes qui ont vu leur demande de RSA refusée ou suspendue", a-t-il ajouté. Le parlementaire a fait appel aux ministres de la Justice et de l’Intérieur à ce sujet. Jean-Jacques Urvoas a fait son mea culpa en reconnaissant l’erreur de son ministère pour le cas de l’assigné à résidence. Selon le ministre, une procédure pour "recouvrer les sommes qui lui ont été indûment versées" a été engagée. Cependant, le cas de Margot n’a pas été clairement stipulé.