Illustration/SIPA
Employé de l’agence Premières Lignes dont les bureaux se trouvent en face de l’immeuble de Charlie Hebdo, le journaliste Wandrille Lanos raconte le déroulement des faits hier matin avant l’arrivée des secours.
Le journaliste Wandrille Lanos travaille pour l’agence Premières Lignes situé au même étage de l’immeuble de Charlie Hebdo, juste en face. Voici comment il raconte les faits sur le récit de TF1 :
"Je suis arrivé tard ce (mercredi) matin au travail, à 11h45. Dans le hall, je tombe sur mon collègue Laurent Richard qui me crie ’il faut aider, il faut remonter et aider !’. Les bureaux de Premières Lignes sont juste en face de Charlie Hebdo au 2e étage. Il me prévient : ’c’est dur’. Nous entrons. Ça pue la poudre. Les secours ne sont pas encore là. Je ne comprends pas encore ce qu’il s’est passé mais je m’occupe de les appeler. Les secours me répondent être au courant et être sur le chemin.
On découvre Patrick Pelloux, chroniqueur à Charlie Hebdo et ex-président des médecins urgentistes, qui coordonne déjà les opérations. Quelqu’un soulève les pieds d’un blessé qui paraît touché au dos et ne sent plus ses jambes. Il y a du sang partout. Et des corps... On commence à bouger les tables pour faire de la place aux secours. Au fond, on découvre des survivants prostrés, en pleurs, essayant de téléphoner. Et encore des gens à terre, je pense sans vie...
Très vite, les secours arrivent et nous évacuent pour les laisser travailler. En retournant dans les bureaux de Premières Lignes, on retrouve ceux de Charlie Hebdo qui ont échappé à l’attaque, sous le choc. Un collègue me raconte avoir vu par la vitre les tireurs monter avec des kalachnikovs. Il a prévenu la police et tous sont montés sur le toit d’où ils ont filmé la fuite des tireurs (revoir les images en haut de cet article). Mais auparavant, ils ont entendu les tirs, une scène interminable, racontent-ils."
Pompiers, policiers et cellule d’accompagnement psychologique se sont dépêchés sur les lieux pour assurer la prise en charge des victimes.