Graeme Sloan/Sipa USA/SIPA
L’administration Trump a décidé de supprimer une grande partie des financements de l’USAID, l’agence américaine de développement. Cette coupe budgétaire suscite de vives réactions, notamment chez les organisations humanitaires. Seules certaines initiatives, comme celles menées en Haïti et au Liban, seront maintenues.
Mercredi 26 février, l’administration Trump a annoncé une réduction drastique de l’aide internationale, supprimant 92 % des financements de l’USAID pour les programmes à l’étranger. Justifiée par la volonté de "faire économiser près de 60 milliards de dollars aux contribuables", cette décision marque un tournant majeur dans la politique d’assistance américaine.
Dès son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a signé un décret gelant l’aide étrangère pour 90 jours. L’objectif ? Réévaluer chaque programme afin d’assurer leur alignement avec sa politique. Les financements liés à la santé reproductive, au planning familial et aux initiatives en faveur de la diversité sont parmi les plus touchés. Malgré cette volonté de réduire les dépenses publiques, des subventions considérées comme "vitales", comme l’aide alimentaire et les traitements contre des maladies graves, ont été épargnées.
Les coupes budgétaires ont suscité l’indignation des ONG, qui dénoncent des conséquences catastrophiques pour les populations vulnérables. L’alliance InterAction, regroupant plus de 160 organisations humanitaires, alerte sur les risques accrus de malnutrition et de propagation de maladies. Face à ces critiques, un juge fédéral a temporairement suspendu la mesure, exigeant le rétablissement d’au moins 2 milliards de dollars de financements. Toutefois, la Cour suprême, à majorité conservatrice, a mis cette décision en attente, laissant les bénéficiaires dans l’incertitude.
Les répercussions internes sont tout aussi marquantes. L’agence, qui comptait plus de 10 000 employés, a licencié 1 600 personnes et placé une majorité de son personnel en congé administratif. Ce remaniement s’inscrit dans la stratégie globale de Donald Trump visant à réduire le poids de l’État fédéral. Pour piloter cette restructuration, il a confié la gestion d’une commission d’efficacité gouvernementale à Elon Musk, qui applique une politique de réduction des coûts jugée brutale par les syndicats et l’opposition démocrate.
Les effets de ces suppressions de financements se feront sentir sur le long terme. Des pays comme Haïti, le Liban et Cuba, qui dépendent fortement de l’aide américaine, doivent désormais repenser leur stratégie d’assistance. Pendant ce temps, les débats se poursuivent aux États-Unis sur l’impact de ces coupes budgétaires. Reste à savoir si cette décision marquera un tournant définitif ou si un revirement est encore possible.
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