Mael Garnier/SIPA
Le dossier prend de l’ampleur avec quarante nouvelles accusations reçues ce jeudi, portant le total à 152.
Ces plaintes, dont dix-huit concernent des agressions sexuelles, visent l’institution catholique. Elles seront remises au procureur de la République de Pau, Rodolphe Jarry, lors d’une concertation avec plusieurs victimes.
Treize prêtres et quatre laïcs, dont trois surveillants, sont accusés dans le dossier impliquant l’école Notre-Dame de Bétharram. Parmi les nouveaux témoignages, un garçon de 12 ans aurait été violé après avoir subi des agressions répétées de la part d’un surveillant général. Le représentant du collectif relate aussi le cas d’un prêtre qui aurait également commis des attouchements pendant quinze mois sur le fils d’un homme politique.
Dans sa déclaration à 20 minutes, Alain Esquerre, porte-parole du collectif d’anciens élèves, insiste sur l’urgence de faire avancer l’enquête et d’aborder la question des délais de prescription.
Un ancien surveillant, surnommé « Cheval », placé en garde à vue la semaine dernière, a été remis en liberté pour cause de prescription. Ce dernier aurait quitté l’établissement catholique en 1990. Le collectif espère que la persistance des signalements pourrait influencer l’évolution de la législation. « Nous ne sommes qu’à l’aube de l’affaire et ce n’est pas parce que ce surveillant a été libéré, qu’il ne va pas retourner en garde à vue par la suite, et que nous n’allons pas intenter des poursuites autres que pénales à son encontre », assure le collectif.
L’affaire Bétharram reste complexe et ne cesse de révéler de nouvelles victimes, y compris des enfants de notables. Alain Esquerre indique que personne n’était épargné par l’environnement de violence et d’abus qui régnait au sein de l’établissement. « Ce dossier est tentaculaire et il est évolutif, puisque, phénomène nouveau, on voit que des fils de notables ont pu être victimes aussi, alors qu’on pensait qu’ils avaient échappé à un certain nombre de choses. Oui, il y avait des protections, mais elles n’étaient pas suffisantes, tout le monde était confronté à un moment ou un autre à ce climat de violence, de perversité et de sadisme », confirme le responsable.
Par ailleurs, une plainte pour « non-dénonciation de crime et délit » a été déposée contre François Bayrou et enregistrée par les services du procureur de Pau selon les confirmations reçues par le média 20minutes.